Site WordPress en panne : les premiers réflexes avant de tout casser
Vous ouvrez votre site et il affiche une page blanche, une erreur, ou ne répond plus. Respirez, dans la grande majorité des cas, rien n’est perdu. Vos pages, vos photos et vos articles sont dans la base de données et dans les fichiers du site, ils n’ont pas disparu parce que l’écran est vide.
Le vrai danger, c’est la précipitation. Un site en panne qu’on répare en cliquant partout finit parfois pire qu’au départ. Voici dans quel ordre agir.
Première chose : comprendre l’étendue du problème
Avant de toucher à quoi que ce soit, trois vérifications de deux minutes.
Est-ce tout le site, ou une seule page ? Ouvrez l’accueil, une page de contenu et une page de l’administration (l’adresse qui finit par /wp-admin). Si seule une page plante, le problème vient presque toujours de cette page. Si tout est en panne, c’est plus large.
Est-ce chez vous seulement ? Ouvrez le site en navigation privée, puis depuis votre téléphone en 4G. Si ça marche ailleurs, il s’agit d’un souci de cache ou de connexion, pas du site.
Qu’avez-vous fait juste avant ? Mise à jour d’une extension, changement de thème, ajout d’un code copié sur un forum, changement d’hébergeur. Le plus souvent, la panne vient de là. Notez-le, c’est l’information la plus utile.
Le site affiche un écran blanc ou « Il y a eu une erreur critique sur ce site »
L’écran blanc, c’est le cas classique. Une extension ou un thème a provoqué une erreur PHP (le langage dans lequel WordPress est écrit), et le site s’arrête net, sans rien afficher.
Depuis la version 5.2 de WordPress, le système est un peu plus aimable. Au lieu d’une page vide, vous voyez souvent le message « Il y a eu une erreur critique sur ce site ». Et surtout, WordPress envoie un e-mail à l’administrateur du site, avec un objet du genre « Votre site rencontre un problème technique ».
Cherchez ce mail. Regardez dans les courriers indésirables aussi. Il part à l’adresse e-mail d’administration du site, celle indiquée dans Réglages, puis Général. Il vous dit quelle extension ou quel thème est en cause, et il contient un lien vers le mode de récupération.
Ce mode vous connecte à l’administration même site planté : WordPress y met en pause l’extension fautive, et vous la désactivez ou la mettez à jour depuis le tableau de bord. Le lien est limité dans le temps, ne traînez pas.
Pas de mail, ou le lien ne marche plus ? Passez à l’étape suivante.
Désactiver une extension sans accéder à l’administration
Si vous ne pouvez plus vous connecter, vous pouvez désactiver une extension depuis l’espace de votre hébergeur. C’est la manipulation la plus utile, et elle est sans danger si on s’y prend bien.
- Connectez-vous à l’espace client de votre hébergeur, puis ouvrez le gestionnaire de fichiers (ou un accès FTP si vous en avez un).
- Allez dans le dossier du site, puis wp-content, puis plugins. Chaque extension y a son dossier.
- Repérez celle que vous avez mise à jour en dernier, et renommez son dossier en ajoutant par exemple « -off » à la fin. Ne la supprimez pas.
- Rechargez le site.
Renommer le dossier, c’est ce qui coupe l’extension : WordPress ne la trouve plus, il la désactive. Si le site revient, vous avez trouvé la coupable.
Vous ne savez pas laquelle est en cause ? Renommez le dossier plugins lui-même en « plugins-off ». Toutes les extensions sont coupées d’un coup. Si le site revient, remettez le nom d’origine, puis renommez les dossiers un par un pour isoler le fautif.
Même principe pour le thème, dans wp-content/themes : si vous renommez le dossier du thème actif, WordPress se rabat sur un thème par défaut, s’il en reste un d’installé.
Erreur 500 ou « Internal Server Error »
L’erreur 500 est un message très général du serveur : « quelque chose s’est mal passé, je ne sais pas quoi ». Les causes les plus fréquentes sont une extension fautive, un fichier .htaccess abîmé, ou un site qui dépasse la mémoire que lui alloue l’hébergeur.
Commencez par la méthode des extensions, ci-dessus. Si ça ne change rien, regardez le fichier .htaccess, à la racine du site (il est parfois masqué, il faut activer l’affichage des fichiers cachés). Ne le supprimez pas, renommez-le en « .htaccess-ancien ». Rechargez le site. Si l’erreur disparaît, allez ensuite dans l’administration, Réglages, Permaliens, et cliquez sur Enregistrer : WordPress recrée un fichier propre.
Si l’erreur 500 reste, le détail est dans le journal d’erreurs de l’hébergeur. Gardez-en les dernières lignes, elles feront gagner du temps.
« Erreur lors de la connexion à la base de données »
Ce message s’affiche en clair, en haut d’une page vide : « Erreur lors de la connexion à la base de données ». WordPress n’arrive plus à joindre la base où sont rangés tous vos contenus.
Deux cas se présentent. Soit la base de données de l’hébergeur est momentanément indisponible ou saturée, soit les identifiants de connexion, rangés dans le fichier wp-config.php, ne correspondent plus (après un changement d’hébergeur, de mot de passe, ou une restauration).
Ce que vous pouvez faire : regarder si l’hébergeur signale un incident sur sa page d’état, attendre dix minutes et recharger, puis écrire au support de l’hébergeur en citant le message exact. Ils voient tout de suite si la base répond. Ne modifiez pas wp-config.php au hasard. Une faute de frappe dedans, et c’est le site entier qui s’arrête.
Site bloqué ou très lent après une mise à jour
Pendant qu’il se met à jour, WordPress affiche : « Brève indisponibilité pour cause de maintenance planifiée. Revenez dans une minute. » C’est normal, ça dure quelques secondes. Si le message reste affiché plusieurs minutes, la mise à jour a été interrompue.
WordPress a posé à la racine du site un petit fichier nommé .maintenance. Il suffit de le supprimer, depuis le gestionnaire de fichiers, et le site revient. C’est le seul fichier que je vous conseille de supprimer en urgence. Vérifiez ensuite dans l’administration que la mise à jour concernée est terminée, et relancez-la au besoin.
Un site simplement très lent, sans message, vient souvent d’une extension gourmande ou d’un hébergement saturé. Videz le cache (voir plus bas) et coupez la dernière extension mise à jour : ce sont les deux premiers tests.
Ce que vous pouvez faire sans risque
Vider le cache. Videz l’extension de cache si vous en avez une (LiteSpeed, WP Rocket ou autre), puis celui du navigateur, ou testez en navigation privée. Si un service comme Cloudflare est devant votre site, videz le sien aussi.
Revenir à une sauvegarde de l’hébergeur. La plupart des hébergeurs font des sauvegardes automatiques et permettent de restaurer le site d’une date précédente. C’est souvent la solution la plus rapide. Un seul point d’attention : tout ce qui s’est passé après la date de la sauvegarde disparaît, commandes, messages, nouveaux articles. Si vous le pouvez, demandez d’abord une copie de l’état actuel, avant de restaurer.
Ce qu’il ne faut surtout pas faire
- Réinstaller WordPress par-dessus. Ça ne règle presque jamais la panne, et vous risquez d’écraser des fichiers que vous aviez personnalisés.
- Supprimer des tables dans la base de données. Les tables, c’est votre contenu. Une table supprimée ne revient pas sans sauvegarde.
- Enchaîner les mises à jour pour « voir si ça arrange ». Si deux extensions se gênent, en ajouter d’autres brouille tout. Un changement à la fois, un test après chaque.
- Modifier wp-config.php sans en avoir gardé une copie. Téléchargez le fichier d’abord. Si ça tourne mal, vous le remettez.
- Supprimer des dossiers au lieu de les renommer. Renommer se défait en dix secondes. Supprimer, non.
Et si ce n’était pas une simple panne ?
Parfois, un écran blanc ou un site qui redirige ailleurs n’est pas un bug. C’est un piratage. Si vous voyez des pages que vous n’avez pas créées, des liens étranges, des redirections vers d’autres sites, ou si Google affiche un avertissement, lisez plutôt Site WordPress piraté : que faire en urgence. Et pour éviter d’en arriver là, j’ai regroupé les protections de base sur la page sécurité WordPress.
Quand appeler un professionnel
Vous avez essayé les étapes ci-dessus et le site ne revient pas ? Appelez, sans attendre. Même chose dans ces situations :
- le site vend en ligne, chaque heure de panne coûte des commandes ;
- vous n’avez aucune sauvegarde, ou vous ne savez pas où elle est ;
- le message d’erreur parle de fichiers ou de lignes de code que vous ne comprenez pas ;
- vous soupçonnez un piratage ;
- vous ne vous sentez pas à l’aise pour toucher aux fichiers. C’est une raison suffisante.
Plus on intervient tôt, plus c’est simple. Et un site en panne pendant des jours peut perdre des positions sur Google.
Questions fréquentes
Mon site WordPress est en panne, est-ce que j’ai perdu mes contenus ?
Presque jamais. Les contenus sont dans la base de données, qui n’est pas touchée par un écran blanc ou une erreur 500. Tant que personne ne supprime des tables ni n’écrase des fichiers, tout est récupérable.
Je n’ai pas reçu le mail du mode de récupération, que faire ?
Regardez dans les courriers indésirables et vérifiez l’adresse d’administration dans Réglages, Général. Si le site est inaccessible, ou si le mail n’arrive pas, la méthode du renommage de dossier dans wp-content/plugins fonctionne dans tous les cas.
Une panne peut-elle faire baisser mon référencement ?
Une panne courte, non. Si elle dure, Google peut ralentir l’exploration du site et faire reculer certaines pages. D’où l’intérêt de réagir vite.
Besoin d’une main pour remettre le site en route
Si vous préférez ne pas y toucher, je m’en occupe. Mon service de dépannage WordPress est à 190 € (commander en ligne). Vous m’expliquez ce qui s’affiche, j’établis le diagnostic et je remets le site en état.
